samedi 13 septembre 2014

Le Créateur et l'Univers ( où je me fais critique de peinture)

Dans la réalité, la vraie vie, cette peinture ne porte pas de titre. Mais si j'avais dû lui en donner un, celui-ci aurait sans doute convenu.
Il est probable qu'à première vue, vous avez pensé voir un tableau abstrait. Il n'en est rien. Je suis un féroce partisan du figuratif et cette peinture n'y fait pas exception, au sens premier comme second du terme figuratif. Voyez-vous la figure centrale ?... Non, et comme ça :

Toujours pas?... Alors effectuons un petit zoom central :
Cette fois vous l'avez.
Cette peinture a deux significations et deux sens - deux directions - dans lesquels elle peut être vue. C'est pourquoi, elle a deux signatures qui indiquent les deux positions préférentielles : il suffit de placer l'une des deux en bas à gauche.
Le visage central est donc celui du créateur, au sens métaphorique, et dans cette lecture, l'univers est celui de l'artiste créant, d'où jaillit formes et idées telle l'explosion première présidant à la naissance de notre univers. La création artistique est d'ailleurs très littéralement une re-création. Ici, elle est donc considérée sous son angle le plus spectaculaire et le plus essentiel : le jaillissement brut qui permet tout le reste, ce qu'on appelle l'inspiration (quelle soit divine ou pas). Naturellement, cela n'exclut pas l'autre face, le  souvent long et quelquefois pénible labeur qui suivra. Si on remonte la métaphore à contre-courant ou si on poursuit l'analogie, on peut supposer que le chemin entre cet instant 0 et le nôtre a été non seulement long, ce qui est avéré, mais sans doute aussi semé d'embûches : la longue évolution entre le quark, ou Dieu sait quel autre particule étrange, et l'Homme, la merveille de cet univers. L'observateur attentif pourra d'ailleurs discerner dans cette matière explosive nombre de visages, crânes, silhouettes animales comme ci-dessous (en réalité, il y a ici plusieurs visages fondus ensemble):


Je n'ai pas choisi de commenter cette peinture uniquement pour ces qualités métaphysiques ou métaphorique mais aussi et surtout pour ses qualités techniques.
L'effet de transparence y est, selon moi, particulièrement réussi, et pas si facile à obtenir par les moyens utilisés. Le contraste est presque maximal et rarement atteint dans l'art généralement un peu pâle de l'aquarelle. Car il s'agit bien d'une aquarelle, à 99 %. L'impression de mouvement et de lancer de peinture incontrôlés est en fait ici des plus contrôlées (ce qui veut dire, dans le cadre de l'exécution forcément rapide d'une aquarelle, beaucoup de réflexion et de préparation avant l'acte lui-même). Ses effets se rapprochent, peut-être de manière inattendue, de ceux obtenus plus habituellement par l'art simple du vitrail (couleurs très vives et transparentes cernées de noir opaque) auquel je suis sensible depuis tout petit. Néanmoins, autre paradoxe, il n'y a pas la moindre goutte de noir dans cette peinture. Vous ne me croyez pas? Faites-moi confiance tout de même: il n'y en a pas.
Cette inspiration fructueuse m'a conduit a proposé une autre variante que j'aurais pu intituler Nova ou Supernova : la voici. Plus riche en détails cachés et en couleurs, elle me paraît cependant quelque peu inférieure dans sa globalité. Mais libre à vous d'en juger autrement.

Un détail :